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Q&A – Un petit poisson avec un fort impact sur son environnement ?

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Q&A – Un petit poisson avec un fort impact sur son environnement ?

Un petit poisson avec un fort impact sur son écosystème?

C’est l’histoire d’un petit envahisseur, le Gobie à taches noires. Une histoire racontée par notre invitée, Christina Henseler (Doctorante).

 

Tous ceux qui travaillent ou vivent sur les côtes de la mer Baltique ont entendu parler du gobie à taches noires ou gobie arrondi. Les pêcheurs s’insurgent, poussent des jurons tant ces gobies sont devenus abondants dans leurs filets. Si abondant qu’ils remplacent les autres espèces de poissons dans leur prise. Les gobies à taches noires sont originaires de la région Ponto-Caspienne. Que font-ils donc dans la Baltique ? Ils  y sont présents en tant qu’espèces non indigènes, ce qui signifie qu’ils ont colonisé et se sont propagés en dehors de leur aire originelle de répartition. La théorie raconte qu’ils auraient été introduits par les eaux de ballast des navires marchands.

Picture of a Round Goby (Neogobius melanostomus) - Credits: On courtesy of © Viktor Vrbovský.

Photographie d’un gobie arrondi (Neogobius melanostomus) – Credits: Sur courtoisie de © Viktor Vrbovský.

 

Le gobie arrondi (Neogobius melanostomus) est un poisson d’environ 20 cm de long qui vit sur le fond. On sait que les gobies arrondis se nourrissent d’un large spectre de proies, à savoir des crustacés, des polychètes, des bivalves et des gastéropodes. Ils sont supposés avoir un impact significatif sur la faune indigène avec de graves conséquences pour le fonctionnement des écosystèmes envahis. Par exemple, ils peuvent grandement réduire l’abondance de leurs proies, mais aussi rentrer en compétition avec d’autres espèces de poissons indigènes, comme la plie, notamment pour la nourriture et la surface occupée au sens de leur habitat. Cependant, l’impact de cette espèce sur les écosystèmes colonisés n’a pas encore été quantifié et c’est ce que j’aimerais examiner au cours de la saison d’échantillonnage de cette année 2017.
Afin d’examiner l’impact des gobies arrondis sur la communauté indigène d’invertébrés, je mène des expériences en cage sous-marine dans deux sites de la mer Baltique, à savoir la côte Est de l’Allemagne et l’archipel d’Åland. J’ai construit des cages qui sont déployés sur les fonds marins à environ 2 à 3 m de profondeur sous la surface. Je descends en plongée pour les relever.
Inclusion cage - Round goby experiments - Credits: Christina Henseler
Inclusion cage underwater - Round goby experiments - Credits: Christina Henseler

Photographie d’une cage d’inclusion, en dehors (à gauche) et sous l’eau (à droite)

Credits: Christina Henseler

 

La moitié des cages sont laissées vides pendant toute la durée de l’expérience ( elles me servent de contrôle) et aucun poisson n’est en mesure d’y entrer. Pour le reste des cages, je permets l’accès à des gobies de taille moyenne d’y accéder. Ils y sont « inclus » (traitement d’inclusion).

Round goby sitting on the Inclusion cage - Credits: Christina Henseler
Measurement of a Round goby that will be included in the cages - Credits: Christina Henseler

Un gobie arrondi assis en périphérie de la cage à l’un de mes sites d’étude (à gauche)

et un autre gobie qui a, lui, été inclus dans une cage (à droite)

Credits: Christina Henseler

Avant et à la fin de l’expérience, des échantillons de sédiments et de végétation sont prélevés dans les cages et les invertébrés dans ces échantillons sont comptés et identifiés. En comparant les échantillons provenant du  contrôle (c’est-à-dire les cages sans gobies) avec ceux du traitement d’inclusion (sans les gobies), il sera possible d’en déduire de quelle façon les gobies arrondis influencent l’abondance et la composition en terme d’espèces des communautés d’invertébrés indigènes. Par exemple, il est possible qu’ils se nourrissent principalement d’une certaine taille de moules qui seront alors moins abondantes dans les échantillons du traitement en présence des gobies.
Field site - Germany - Credits: Christina Henseler

Aire d’échantillonnage en Allemagne

Credits: Christina Henseler

 

Cette étude est réalisée dans le cadre d’une collaboration incluant Åbo Akademi University en Finlande et l’Institut Thünen des pêcheries de la mer Baltique en Allemagne et nous espérons ajouter à nos connaissances sur l’impact de cette espèce de poissons invasives.

 

À la question «Est-ce que ce petit poisson peut avoir un grand impact sur son écosystème?», Christina n’a pas encore trouvé de réponse. Néanmoins je suis sûr que ce petit poisson n’a pas fini de faire parler de lui. — Pierre Olivier

 

Cette étude a été financée par le programme d’études doctorales MARmaED PhD Training Network.
Le projet MARmaED a bénéficié d’un financement du programme Horizon 2020 de l’Union Européenne en matière de recherche et d’innovation dans le cadre de l’accord de subvention n° 675997.
L’article a premièrement été publié sur le site de MARmaED.

This research has been funded by the MARmaED PhD training network.
The MARmaED project has received funding from the European Union’s Horizon 2020 research and innovation programme under grant agreement No 675997.

 

 

MARmaED - EU Horizon 2020 Marie Sklodowska-Curie Innovative Training Network
European flag

L’auteur de l’article.

 

Christina Henseler
Christina HenselerDoctorante en biologie marine
Pierre Olivier (Rapporteur et Traducteur)
Pierre Olivier (Rapporteur et Traducteur)Doctorant en biologie marine - CEO Ocean Fact
2017-08-19T11:52:42+00:00 août 8th, 2017|Questions réponses|0 Comments

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